Ces cinq applis Android demandent une permission que leur éditeur n’explique nulle part

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Laurent
Rédacteur MyGSM
Ces cinq applis Android demandent une permission que leur éditeur n'explique nulle part

Ouvre la liste des permissions d’une appli, puis sa description. Tu cherches la phrase qui explique pourquoi elle veut ton micro. Elle n’y est pas. C’est le point commun des cinq applications de ce matin, et ce n’est pas un hasard de tri. Sur trente-trois fiches lues hier dans le catalogue libre F-Droid, dix-huit tenaient la fenêtre, et presque toutes avaient ce trou. Un organiseur de raccourcis qui réclame ta position. Un bloqueur d’appels qui lit les journaux du système. Un carnet de notes qui enregistre l’audio. Aucune de ces trois lignes n’est justifiée par son éditeur. On te les donne quand même, parce que les cinq valent le détour. Mais on te dit lesquelles refuser au premier lancement. Deux sont des nouveautés, trois sont des mises à jour majeures, et toutes datent du 12 octobre. Une sixième est passée à la trappe, pour une raison qui n’a rien à voir avec les permissions.

SpamBlocker Extended

SécuritéFiltre de notifications

🛑 Le démarchage passe maintenant par WhatsApp et par RCS. Elle lui ferme aussi cette porte.

Elle bloque les appels, les SMS et, nouveauté, les notifications des autres applis, avec un seul jeu de règles.

Icône de SpamBlocker ExtendedTu bloques les appels indésirables depuis des années et ça marche. Le problème, c’est que le démarchage a déménagé. Il arrive désormais par la messagerie enrichie, par les messageries chiffrées et par le courriel. Aucun bloqueur d’appels libre ne suivait. Celui-ci applique ses règles aux notifications des autres applications, donc au même endroit et avec la même logique. Et il ne remplace ni ton application téléphone ni ta messagerie par défaut. Ça t’évite la bascule la plus pénible d’Android. La version 6.1.5 est sortie le 12 octobre. Les trois versions listées se suivent proprement, codes 613, 614 puis 615. Un historique de catalogue sans trou, ça se signale, parce que c’est rare.

Les plus

  • Les règles couvrent appels, SMS et notifications d’applications tierces, ce qu’aucun équivalent libre ne fait.
  • Elle ne se substitue ni à ton application téléphone ni à ta messagerie par défaut.
  • Licence MIT, quatre architectures servies, 8,1 Mio seulement.
  • Historique propre : trois versions consécutives, aucun code manquant.

Les moins

  • Vingt-cinq permissions, et quatre ne sont expliquées nulle part : la lecture des journaux du système, les statistiques d’usage des applications, la modification des réglages système et la lecture de ton agenda. Les deux premières sont parmi les plus intrusives d’Android.
  • Le nom porte « Extended », donc c’est un fork non officiel d’un bloqueur connu, et la fiche ne nomme pas son amont.
  • Android 10 minimum, et l’éditeur est un pseudonyme qu’on ne peut pas lever.
  • Aucune anti-fonctionnalité déclarée, ce qui ne veut pas dire aucun risque.

Version 6.1.5, code 615, du 12 octobre 2026 · licence MIT · Android 10 minimum · 8,1 Mio · arm64-v8a, armeabi-v7a, x86, x86_64 · 25 permissions · éditeur KerballOne, pseudonyme · gratuite, sans achat intégré    👉 Fiche F-Droid de SpamBlocker Extended

AppStow

PersonnalisationDossiers d’applis

🗂️ Elle range tes applis, tes sites et tes liens profonds dans les mêmes dossiers.

Un classement maison où une page web et une appli installée ont exactement le même statut, avec des statistiques d’usage gardées sur l’appareil.

Icône de AppStowRegarde ton écran d’accueil. Tu as des applis d’un côté et des favoris du navigateur de l’autre. Et puis des raccourcis qui ouvrent une page précise dans une appli donnée. Laquelle, déjà ? Celle-ci met les trois au même rang, dans des catégories que tu crées toi-même. Avec un émoji par catégorie, si ça t’amuse. Une même appli peut vivre dans plusieurs catégories, ce qui règle le vieux problème des dossiers classiques. Elle garde tes statistiques d’usage sur l’appareil, donc elle sait trier par fréquence sans rien envoyer nulle part. Les sauvegardes sont chiffrées. Elle pèse 2,8 Mio et elle est sortie le 12 octobre.

Les plus

  • Les liens profonds et les applications web au même rang que les applis installées, ce qu’aucun lanceur classique ne propose.
  • Une même appli peut appartenir à plusieurs catégories.
  • Statistiques d’usage conservées localement, sauvegardes chiffrées.
  • 2,8 Mio, licence GPL version 3 ou ultérieure, aucun compte à créer.

Les moins

  • Sept permissions, et trois sont incompréhensibles pour un organiseur de raccourcis : localisation approximative, localisation précise, appareil photo et enregistrement audio. L’explication plausible existe, l’appli héberge des sites dans une vue intégrée et une vue intégrée ne relaie ces droits que si l’hôte les détient. Mais l’éditeur ne l’écrit nulle part. Refuse-les au premier lancement, le tri n’en souffrira pas.
  • Android 13 minimum, donc rien avant 2022. C’est le plus exigeant des cinq.
  • Architectures non déclarées sur la fiche, et un code de version 13 pour une seule version publiée, donc douze constructions que tu ne verras jamais.
  • Éditeur sous pseudonyme, non levable.

Version 3.0.0, code 13, du 12 octobre 2026 · licence GPL-3.0 ou ultérieure · Android 13 minimum · 2,8 Mio · architectures non déclarées · 7 permissions · éditeur 1260er, pseudonyme · gratuite, sans compte    👉 Fiche F-Droid de AppStow

LensCast

Objets connectésCaméra ONVIF

📷 Ton vieux téléphone devient une caméra que ton enregistreur reconnaît tout seul.

Elle diffuse le flux de l’appareil photo en RTSP avec découverte ONVIF, donc un enregistreur du commerce la voit comme une caméra du commerce.

Icône de LensCastTu as un ancien téléphone dans un tiroir et tu culpabilises. Voilà sa seconde vie, et elle est sérieuse. Les applis de caméra libres se contentent presque toutes d’un flux d’images dans un navigateur. C’est inutilisable dès que tu as un vrai système de surveillance. Celle-ci parle le protocole standard de flux vidéo et se fait découvrir automatiquement par le protocole d’interopérabilité des caméras. En clair, ton enregistreur maison l’ajoute comme il ajouterait une caméra achetée en magasin. Elle expose en prime les réglages manuels de l’appareil photo et propose une détection d’objets et de sons. Trois constructions distinctes, une par architecture, de 19 à 30 Mio.

Les plus

  • Flux vidéo standard et découverte automatique, donc compatible avec un enregistreur existant sans aucune bidouille.
  • Réglages manuels de l’appareil photo exposés, détection d’objets et de sons.
  • Diffusion aussi lisible depuis un simple navigateur, en trois formats.
  • Licence GPL version 3 ou ultérieure, services réseau optionnels désactivés par défaut.

Les moins

  • Vingt-et-une permissions, et deux ne sont justifiées nulle part : la localisation approximative au premier plan, qu’aucune ligne de la description n’explique, et une permission maison nommée AUTOMATION, absente de la fiche comme du texte.
  • Elle peut modifier ou supprimer le contenu de ton stockage partagé. C’est cohérent avec l’enregistrement, mais ça se sait avant d’installer.
  • Aucune anti-fonctionnalité déclarée, et c’est discutable : la fiche nomme elle-même des services tiers optionnels de messagerie, de notification et de téléchargement de modèles.
  • La construction du catalogue libre est livrée sans le module de mise à jour interne, donc tu mettras à jour à la main.
  • Version 0.1.6 : c’est une première livraison, et ça se voit.

Version 0.1.6, codes 1061 à 1063, du 12 octobre 2026 · licence GPL-3.0 ou ultérieure · Android 6.0 minimum · 19 à 30 Mio selon l’architecture · armeabi-v7a, arm64-v8a, x86_64 · 21 permissions · éditeur Rahul Sharma, nom civil · gratuite, sans publicité    👉 Fiche F-Droid de LensCast

Tine

ProductivitéÉditeur Logseq

🗒️ Elle ouvre ton graphe de notes posé sur le téléphone et l’édite sur place.

Pas d’import, pas de base interne : elle lit et écrit tes propres fichiers texte, ceux que ton ordinateur ouvre déjà.

Icône de TineSi tu tiens tes notes dans un graphe de fichiers texte, tu connais la douleur mobile. L’application officielle est lourde, lente, et elle te donne envie de ressortir un carnet. Celle-ci fait l’inverse du réflexe habituel. Elle n’importe rien et ne construit aucune base interne. Elle ouvre le dossier que tu lui désignes et elle écrit dedans, dans le même format. Donc ce que tu tapes dans le métro, tu le retrouves sur ton ordinateur sans synchronisation magique. Plan hiérarchique, tâches, journaux quotidiens, références croisées, requêtes, documents et export web : l’essentiel y est. La version 0.7.1 est du 12 octobre, et le paquet est passé de 38 à 39 Mio.

Les plus

  • Elle travaille directement sur tes fichiers, donc l’interopérabilité avec l’ordinateur est totale.
  • Rapide là où l’application officielle ne l’est pas, et c’est tout son intérêt.
  • Licence AGPL version 3, trois versions listées avec leurs dates.
  • Plan hiérarchique, tâches, journaux, références croisées, requêtes et export web.

Les moins

  • Elle demande l’enregistrement audio, et la description ne dit pas pourquoi. Pour des notes vocales, sans doute. Mais sans doute n’est pas une justification.
  • L’accès réseau complet n’est pas davantage expliqué pour un outil annoncé comme fonctionnant d’abord en local.
  • La permission de gestion des fichiers est la plus large d’Android. Elle est inhérente à la fonction, et elle reste large.
  • 64 bits ARM uniquement : les appareils 32 bits sont exclus, et la fiche ne le dit nulle part.
  • L’adresse de son icône pointe vers le chemin générique du dépôt, pas vers la sienne. Détail, mais détail révélateur.

Version 0.7.1, code 7001, du 12 octobre 2026 · licence AGPL-3.0 seule · Android 7.0 minimum · 39 Mio · arm64-v8a uniquement · 6 permissions · éditeur Martin Koutecký, nom civil · gratuite, sans achat intégré    👉 Fiche F-Droid de Tine

Aya

LectureHoraires de prière

🕌 Trois applis en une seule, et pas une banderole publicitaire.

Horaires et appel à la prière, lecteur de corpus à dix modes de récitation, recueils de traditions, boussole et widgets, le tout hors ligne sauf l’audio.

Icône de AyaTu as déjà cherché une appli de ce genre sur le magasin de Google. Tu sais donc ce qu’on y trouve : de la publicité pleine page, du pistage, et trois applis différentes pour faire ce qu’une seule devrait faire. Celle-ci réunit les horaires, l’appel à la prière et le lecteur de corpus. Elle y ajoute les recueils de traditions, les invocations, le suivi, la boussole et des widgets. Elle propose dix modes de récitation, ce que les équivalents libres ne font pas. Tout fonctionne sans réseau, sauf l’audio des récitations. Licence MIT, aucune publicité, trois versions en sept jours. La dernière date du 12 octobre et le paquet a pris deux Mio au passage, sans une ligne d’explication.

Les plus

  • Dix modes de récitation, que les équivalents libres ne proposent pas.
  • Aucune publicité et aucun pistage, dans un créneau qui en est saturé.
  • Horaires, boussole, recueils et invocations fonctionnent hors ligne.
  • Licence MIT, widgets d’écran d’accueil, suivi des prières.

Les moins

  • Elle demande ta position en arrière-plan, ce qui dépasse ce qu’exige un calcul d’horaires recalculé une fois par jour. Non documenté.
  • Elle demande à allumer ton écran verrouillé en plein écran. Ça s’explique par l’appel à la prière. Ce n’est écrit nulle part non plus.
  • Pas d’interface française. La fiche annonce « Full Arabic and English interface », soit « interface complète en arabe et en anglais ». Le français affiché sur la page concerne le site, pas l’appli.
  • Anti-fonctionnalité déclarée, verbatim : « Non-Free Network Services », soit « services réseau non libres ». La fiche précise que la diffusion et le téléchargement des récitations reposent sur des réseaux de distribution non libres.
  • 72 Mio, 64 bits ARM uniquement, et deux Mio apparus sans explication.

Version 1.4.0, code 12400, du 12 octobre 2026 · licence MIT · Android 7.0 minimum · 72 Mio · arm64-v8a uniquement · 13 permissions · éditeur Abdalrahman Samir, nom civil · gratuite, sans publicité    👉 Fiche F-Droid de Aya

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