Délais de livraison de l’iPhone 18 Pro : deux banques ont lu les mêmes chiffres et en tirent l’inverse

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Laurent
Rédacteur MyGSM
Délais iPhone 18 Pro : deux banques, deux lectures

Deux banques ont passé la même semaine à faire exactement la même chose. Rafraîchir la page de l’Apple Store dans plusieurs pays et noter la date de livraison affichée. Même période, mêmes précommandes, mêmes chiffres ou presque. Et elles arrivent à des conclusions strictement opposées. JPMorgan te dit que l’iPhone 18 Pro part plus vite que l’an dernier. Bien sûr, garde sa recommandation à l’achat. Jefferies regarde le même raccourcissement et y voit un signal d’alerte, en maintenant « sous-performance ». Bienvenue dans la lecture des délais de livraison. Un sport où le même thermomètre annonce la canicule et le gel.

Ce qu’il faut retenir

  • JPMorgan a relevé les délais dans quatre pays pendant la première semaine de précommandes : ils sont plus courts qu’en 2025 partout, sauf sur un modèle et dans un seul marché.
  • Jefferies a fait le même relevé sur six marchés et interprète ce raccourcissement comme une demande qui faiblit.
  • L’un recommande d’acheter l’action Apple, l’autre de s’en méfier. Les mêmes données, deux mondes.
  • Les deux cabinets se contredisent sur la Chine, et aucun ne s’arrête sur le seul chiffre vraiment bizarre du tableau.
  • Aucun volume de précommandes n’a été publié. Personne ne sait combien d’iPhone se sont vendus.

Ce que JPMorgan a réellement compté

Chez JP Morgan, la note est signée Samik Chatterjee et son équipe. La méthode est annoncée sans détour, et c’est déjà rare. Pendant la première semaine de précommandes, l’équipe a relevé les délais affichés par l’Apple Store dans quatre pays : États-Unis, Chine, Allemagne, Royaume-Uni. Puis elle a comparé avec les iPhone 17 Pro et 17 Pro Max un an plus tôt, à période équivalente. Rien de plus. Pas de sondage, pas de chaîne d’approvisionnement, pas de source anonyme chez un assembleur. Juste une page produit et un calendrier. Voici ce que ça donne, en jours d’attente affichés.

MarchéiPhone 18 Pro18 Pro Max17 Pro (2025)17 Pro Max (2025)
Moyenne mondiale7 jours19 jours15 jours24 jours
États-Unis2 jours22 jours4 jours21 jours
Chine13 jours21 jours30 jours30 jours
Allemagne5 jours16 jours14 jours22 jours
Royaume-Uni9 jours19 jours14 jours22 jours

Le raccourcissement est net presque partout. En Chine surtout : trente jours d’attente l’an dernier sur les deux modèles, treize et vingt-et-un cette année. De fait, c’est le marché qui bouge le plus. L’Allemagne suit, avec un Pro qui passe de quatorze jours à cinq. Autrement dit, si tu commandes aujourd’hui, tu attends moins longtemps qu’en 2025. Bonne nouvelle pour toi. Beaucoup moins claire pour Apple.

340 dollars contre 263,66 dollars
Deux banques, une semaine

Le chiffre bizarre, et personne ne le relève

Regarde la ligne des États-Unis. Le Pro non-Max passe de quatre jours à deux : il est deux fois plus rapide. Or dans le même pays, à la même date, sur la même page, le Pro Max passe de vingt-et-un jours à vingt-deux. Il s’allonge. Légèrement, mais il s’allonge. Et c’est le seul des quatre marchés suivis par JPMorgan où ça arrive.

Un jour d’écart, tu me diras. Sauf que le mouvement va dans le sens inverse de tout le reste du tableau. Partout ailleurs, les deux modèles raccourcissent ensemble, souvent de plusieurs jours. Ici, ils divergent à l’intérieur d’un seul pays. Deux explications tiennent la route. Soit la demande américaine se concentre sur le grand modèle pendant que le petit décroche. Soit Apple n’a pas alloué ses stocks de la même façon sur les deux références. Aucune des deux n’est vérifiable avec ces seules données. Et ni JPMorgan ni Jefferies ne s’y arrêtent. Le premier préfère avancer une autre hypothèse : une partie de la demande se serait reportée sur l’iPhone pliable attendu en octobre. Le fameux Duo. Possible. Invérifiable également.

iPhone 18 Pro
iPhone 18 Pro

Jefferies a regardé la même chose et conclu l’inverse

Là où ça devient amusant, c’est que Jefferies a mené le même exercice, sur six marchés au lieu de quatre : États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Chine et Hong Kong. Ses constats rejoignent ceux de JPMorgan. Ainsi le Pro Max s’affiche cinq à onze jours plus tôt qu’en 2025 aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon. Le Pro, lui, n’affiche carrément aucune attente aux États-Unis, et gagne de un à onze jours ailleurs. En Inde, deux à trois jours pour le Pro, une douzaine pour le Pro Max.

Relevé identique, donc. Conclusion opposée. Pour Jefferies, un raccourcissement aussi régulier trahit une demande qui faiblit, point final. La banque maintient donc sa recommandation « sous-performance ». Son objectif de cours reste fixé à 263,66 dollars, soit environ 21 % de baisse par rapport aux 332,27 dollars du moment.

JPMorgan, lui, refuse la déduction. Sa position tient en une phrase : il serait prématuré de conclure que des délais courts signifient une demande molle. Le motif est simple, car l’allocation de l’offre peut varier d’une année sur l’autre. Recommandation maintenue à « surpondérer », objectif à 340 dollars. La banque ajoute d’ailleurs sa propre mise en garde, et elle est honnête. « The initial data should be interpreted cautiously », écrit-elle : les données initiales sont à interpréter avec prudence, vu les changements de stratégie produit de cette année.

Le face-à-face, ligne par ligne

Avant de lire ce tableau, un détail de méthode mérite d’être signalé. JPMorgan publie sa grille brute, pays par pays, modèle par modèle, avec le comparatif de l’an dernier. Jefferies, lui, ne publie pas de grille : il donne des fourchettes agrégées sur plusieurs marchés à la fois, plus trois valeurs isolées. Impossible, dès lors, de mettre les deux séries côte à côte case par case. Voilà ce qui est comparable.

JPMorganJefferies
Qui signeSamik Chatterjee et son équipeanalyste non nommé dans la reprise
Marchés suivis4 : États-Unis, Chine, Allemagne, Royaume-Uni6 : États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Chine, Hong Kong
Forme des chiffresvaleurs absolues, modèle par modèle, avec 2025 en regardécarts en jours, agrégés par groupe de marchés
iPhone 18 Pro aux États-Unis2 jours, contre 4 en 2025aucune attente
iPhone 18 Pro Max aux États-Unis22 jours, contre 21 en 2025compris dans « 5 à 11 jours de moins »
ChinePro Max à 21 jours contre 30 : il raccourcitChine et Hong Kong à 24,5 jours : il s’allonge de 4 et 7 jours
Indenon suivie2 à 3 jours pour le Pro, environ 12 pour le Pro Max
Lecture des donnéesprématuré de conclure, l’offre peut être allouée autrementraccourcissement régulier = demande qui faiblit
Recommandationsurpondérersous-performance, depuis le 14 août
Objectif de cours340 dollars263,66 dollars, fixé le 14 août

Et sur la Chine, ils ne sont même pas d’accord

Voilà le vrai enseignement de la journée. JPMorgan relève un Pro Max chinois à vingt-et-un jours contre trente l’an dernier : neuf jours de mieux. Jefferies, qui agrège Chine et Hong Kong, relève un Pro Max à 24,5 jours, soit quatre à sept jours de PLUS qu’en 2025.

Ne cherche pas qui ment. Personne ne ment. Les périmètres diffèrent, les relevés n’ont sans doute pas été faits à la même heure, et un délai affiché bouge plusieurs fois par jour. Reste que deux notes publiées le même lundi, sur un produit identique, donnent à ce marché deux trajectoires contraires. Tu voulais une démonstration de ce que valent les délais de livraison comme indicateur de demande ? La voilà.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Un délai de livraison n’est pas un volume de vente. C’est un rapport entre ce qui est commandé et ce qui est disponible en entrepôt. Produis davantage en amont, et ton délai s’effondre alors même que tu vends plus. Apple sait faire ça depuis quinze ans, et ne communique jamais ses chiffres de précommandes.

Concrètement, aucune des deux notes ne donne un volume. Ni estimation d’unités, ni détail par couleur, ni répartition par capacité de stockage. Elles donnent des dates affichées sur une page web. C’est une information réelle, mesurable, et infiniment plus vérifiable que les « sources proches du dossier » habituelles. Mais ça reste un indice, pas une preuve.

Une dernière précaution, parce qu’elle compte. Je n’ai pas lu la note originale de JPMorgan, et toi non plus : ces documents ne sortent pas du circuit des clients institutionnels. Ce qui circule, ce sont des reprises. J’en ai ouvert plusieurs, dont deux rédactions indépendantes l’une de l’autre qui donnent des chiffres identiques. C’est le minimum syndical avant de te servir un tableau. Cela dit, le jour où une ligne se révèle fausse, elle viendra de là.

Bref, la prochaine fois qu’on te vend « l’iPhone démarre lentement » ou « l’iPhone démarre fort » sur la foi d’un délai de livraison, souviens-toi de ce lundi. Une seule colonne de chiffres a servi les deux titres. Il suffisait de choisir sa banque.

Le tableau complet de JPMorgan, pays par pays, pour l’iPhone 18 Pro et le Pro Max

Jefferies lit les mêmes délais comme un signal d’alerte et vise 263,66 dollars

Pourquoi JPMorgan évoque un report de la demande vers l’iPhone pliable

Le 14 août, Jefferies dégradait déjà Apple : coûts de composants et iPhone tout en verre abandonné

La dépêche d’origine : des délais en baisse sur toute la gamme iPhone 18

FAQ

Quel est le délai de livraison d’un iPhone 18 Pro commandé aujourd’hui ?

Selon le relevé de JPMorgan effectué pendant la première semaine de précommandes, l’attente moyenne dans le monde est de 7 jours pour l’iPhone 18 Pro et de 19 jours pour le Pro Max. Elle tombe à 2 jours pour le Pro aux États-Unis, 5 jours en Allemagne et 9 jours au Royaume-Uni. Ces valeurs sont des dates affichées par l’Apple Store à un instant donné : elles bougent plusieurs fois par jour et varient selon la couleur et la capacité choisies.

Un délai de livraison court veut-il dire que l’iPhone 18 Pro se vend mal ?

Les deux banques ne sont pas d’accord. Pour Jefferies, un raccourcissement aussi régulier trahit une demande qui faiblit. Pour JPMorgan, il est prématuré de conclure, car un délai dépend aussi des stocks constitués en amont : produire davantage raccourcit l’attente même quand les ventes progressent. Aucun volume de précommandes n’ayant été publié par Apple, un délai reste un indice et non une preuve.

Pourquoi Jefferies et JPMorgan donnent-ils des chiffres différents pour la Chine ?

Parce qu’ils ne mesurent pas la même chose. JPMorgan suit la Chine seule et relève un Pro Max à 21 jours contre 30 l’an dernier, donc en net raccourcissement. Jefferies agrège Chine et Hong Kong, relève 24,5 jours et constate un allongement de 4 jours côté chinois et de 7 jours côté hongkongais. Les périmètres et les heures de relevé diffèrent, ce qui suffit à expliquer l’écart sans qu’aucune des deux notes soit fausse.

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