La fiche de deux applis t’affiche un point d’interrogation à la place de ton Android minimum. Le dépôt écrit, mot pour mot, « This version requires Android ? or newer. », soit « Cette version exige Android ? ou plus récent. » Voilà. Tu installes, et tu verras bien si ça démarre. Ce sont les deux mêmes fiches qu’hier. Donc ce n’est pas un accident de la nuit. Autrement dit, c’est un défaut qui dure. Les cinq applis du jour sont arrivées entre le 14 et le 15 octobre. Et je les ai toutes relues, fiche en main, avant de t’en parler.
Notenkladde
AudioPartitions annotées
🎼 Ta partition papier devient un classeur qui tourne les pages tout seul
Tu photographies tes partitions, l’appli les redresse, et tu joues en tournant la page au pied.
Tu joues d’un instrument et tu trimbales encore un classeur de photocopies. Notenkladde te propose autre chose. Tu photographies tes partitions, et l’appli redresse et recadre toute seule. Résultat, tu te retrouves avec un pupitre qui tient dans la poche. Mieux : elle accepte une pédale Bluetooth de tourne-page. Du coup tu gardes les deux mains sur l’instrument. D’abord, l’interface est en français, ce qui est rare dans ce coin du logiciel libre. Ensuite, chaque morceau reste un simple dossier de fichiers, métadonnées comprises. Autrement dit, tu pars avec tes partitions le jour où tu changes de téléphone. Et elle ne demande jamais internet.
Les plus
- Interface en français, plus l’allemand, l’anglais, l’espagnol, l’hébreu et le japonais
- Pédale Bluetooth de tourne-page prise en charge, comme sur un vrai pupitre
- Un morceau égale un dossier de fichiers, métadonnées en JSON ouvert, zéro format propriétaire
- Annotation au stylet ou au doigt sur des calques colorés, qui restent alignés au zoom
- Import PDF et MusicXML, paroles en ChordPro, export d’un set complet en PDF avec sommaire
Les moins
- Aucune version d’Android requise sur la fiche. Point d’interrogation, et débrouille-toi
- Rien en 32 bits, donc les vieux appareils sont dehors
- 28 Mio, c’est la plus lourde des cinq
- Elle photographie tes partitions sans déclarer la moindre permission caméra. Elle passe par l’appareil photo du système, ce qui est la bonne méthode, mais la fiche ne l’explique nulle part
de.musivum.notenkladde · 1.0 (code 1) du 15/10/2026 · licence Apache-2.0 · Android ? · 28 Mio · arm64-v8a et x86_64 seulement · 1 permission(s) dont 0 réelle(s) · anti-fonctionnalité : aucune
Keyholm
SécuritéClés d’accès scellées
🔑 Tes clés d’accès restent dans la puce du téléphone, et nulle part ailleurs
Elle fait de ton mobile un fournisseur de passkeys dont les clés privées ne sortent jamais du matériel sécurisé.
Les clés d’accès remplacent tes mots de passe un peu partout. Le problème, c’est que la plupart des gestionnaires les recopient dans un nuage. Keyholm fait l’inverse, et sans nuance. De fait, la clé privée est scellée dans le matériel sécurisé du téléphone. Elle n’en sortira jamais. Ni export, ni synchronisation. Concrètement, l’appli n’a même pas la permission d’accéder à internet. Elle ignore d’ailleurs les services Google. Au passage, elle gère une signature pensée pour résister au calcul quantique. Or on voit rarement ça sur un mobile. Reste que le détail qui fâche est plus bas.
Les plus
- Aucune permission internet, et aucun recours aux services Google Play
- Clés privées scellées dans le matériel sécurisé, ni exportables ni synchronisables
- ES256, Ed25519, et ML-DSA, une signature pensée pour résister au calcul quantique
- Attestation android-key et prise en charge de l’extension PRF
- Masquer les superpositions des autres applis est une vraie défense contre le détournement de clic
Les moins
- Deuxième fiche du jour sans version d’Android requise. Même point d’interrogation
- Première publication, en 0.0.4. L’éditeur annonce que la 0.1 sera la première à garantir les sauvegardes
- Téléphone perdu, clés perdues. Tu les recrées une par une sur le nouvel appareil
- Le champ auteur dit michaelbeaumont, le dépôt appartient à une organisation nommée keyholm
app.keyholm · 0.0.4 (code 4) du 15/10/2026 · licence GPL-3.0-only · Android ? · 5,0 Mio · quatre architectures · 5 permission(s) dont 4 réelle(s) · anti-fonctionnalité : aucune
CPR Beat
SantéCadence de réanimation
🫀 Un métronome qui compte les compressions, et qui s’entend même en silencieux
Un gros bouton lance un clic à 100, 110 ou 120 par minute pour cadencer un massage cardiaque, avec le compte des trente compressions et la relève des secouristes.
Celle-ci, tu ne l’ouvriras jamais. Tant mieux. CPR Beat est un métronome de massage cardiaque. Tu appuies sur un gros bouton, et un clic part à 100, 110 ou 120 par minute. Ensuite, un compte t’annonce les cinq dernières compressions avant les insufflations. Le détail qui change tout est ailleurs. En effet, le son passe par le canal d’alarme. Donc on l’entend même en mode silencieux, c’est-à-dire là où tu aurais laissé ton téléphone. Elle pèse 1,1 Mio et ne touche pas au réseau. En revanche, elle n’est pas en français. Et ça, ce n’est pas un détail.
Les plus
- Le son passe par le canal d’alarme, donc audible même en mode silencieux
- Mode 30:2 qui prévient avant les cinq dernières compressions puis cadence les insufflations
- Bandeau de relève avec flash, minuteur réglable de 1 à 5 minutes
- L’heure de début et le temps écoulé restent affichés, à donner aux secours
- 1,1 Mio, écran sombre à fort contraste, pensé pour des gants et le plein jour
Les moins
- Anglais et russe seulement. Pas un mot de français, et c’est rédhibitoire pour beaucoup
- Ce n’est pas un dispositif médical, l’éditeur l’écrit noir sur blanc
- Elle ne remplace aucune formation certifiée, l’éditeur le répète
- Projet indépendant, sans affiliation aux organismes de référence en réanimation
dev.alcini.cprbeat · 0.3.1 (code 4) du 14/10/2026 · licence GPL-3.0-or-later · Android 8.0 · 1,1 Mio · quatre architectures · 1 permission(s) dont 0 réelle(s) · anti-fonctionnalité : aucune
Nearby Glasses
Outils systèmeDétection de lunettes
👓 Elle te dit quand des lunettes connectées traînent dans la pièce
Elle écoute les trames Bluetooth autour de toi et compare les identifiants de fabricant à une liste de constructeurs de lunettes connectées, puis elle te notifie.
Les lunettes connectées sortent des bureaux d’études. Elles arrivent dans le métro. Nearby Glasses écoute les trames Bluetooth autour de toi. Elle compare les identifiants de fabricant à une liste de constructeurs. Puis elle te prévient quand ça correspond. En clair, c’est à peu près le seul outil du genre ouvert au grand public. Et son auteur est d’une honnêteté qu’on lit rarement. De fait, il annonce lui-même les faux positifs et les faux négatifs. Un casque de réalité virtuelle du même fabricant déclenchera l’alerte. À l’inverse, des lunettes passeront au travers. Cela dit, lis son avertissement juridique avant de t’exciter.
Les plus
- À peu près seule sur son créneau, au moment où les lunettes connectées se banalisent
- Les journaux restent locaux et ne contiennent que les codes fabricant croisés
- Les deux permissions de localisation sont au premier plan seulement, et Android les impose pour balayer le Bluetooth
- 1,5 Mio, et l’auteur signe de son nom civil
Les moins
- Faux positifs annoncés par l’éditeur lui-même : un casque du même fabricant suffit
- Faux négatifs aussi : des lunettes peuvent passer inaperçues
- Avertissement juridique de l’éditeur, à lire deux fois : harceler quelqu’un parce qu’on le soupçonne de porter un appareil d’enregistrement peut constituer une infraction pénale
- Le préfixe du paquet ne correspond ni à l’auteur ni au dépôt
- Neuf permissions réelles, c’est le gros morceau des cinq
ch.pocketpc.nearbyglasses · 1.0.11 (code 12) du 14/10/2026 · licence AGPL-3.0-only · Android 8.0 · 1,5 Mio · architectures non déclarées sur la fiche · 10 permission(s) dont 9 réelle(s) · anti-fonctionnalité : aucune
Brevier
ProductivitéLecture sans JavaScript
📖 Un navigateur qui n’a pas de moteur JavaScript, et qui l’assume
Il réduit une page web à son texte et sa structure, dans la typographie que tu choisis, sans JavaScript et sans les styles du site.
Tu veux savoir ce que pèse vraiment une page web ? Installe Brevier. Ce n’est pas un mode lecture posé sur un moteur web. C’est un navigateur qui n’embarque aucun moteur JavaScript. Du tout. Concrètement, il réduit la page à son texte et à sa structure, dans la typographie que tu choisis. Résultat, les pages apparaissent avant que tu aies fini de lever le pouce. Bref, tout ce qui te suit et te mesure disparaît avec le script qui le portait. Toutefois le revers est évident, et l’éditeur ne le cache pas. Les sites entièrement bâtis en JavaScript ne s’ouvriront jamais.
Les plus
- Aucun moteur JavaScript embarqué, ce n’est pas un réglage mais une architecture
- Traitement dédié des fils de discussion, de la documentation technique et des infobox encyclopédiques
- Progression de lecture, copies hors ligne, recherche dans les articles déjà lus, export Markdown
- Il lit aussi les flux RSS, Atom et JSON, et peut devenir ton navigateur par défaut
- Une seule permission, et c’est la seule fiche des cinq sans la moindre ligne technique
Les moins
- Les sites entièrement bâtis en JavaScript ne s’ouvriront pas. À savoir avant d’installer
- arm64 seulement, donc rien pour les appareils plus anciens
- La fiche se contredit sur sa licence : Apache-2.0 en métadonnées, MIT ou Apache-2.0 dans le texte
- Les recherches passent par un moteur tiers
io.github.gurov.brevier · 0.11.0 (code 1100) du 15/10/2026 · licence Apache-2.0 en métadonnées · Android 7.0 · 12 Mio · arm64-v8a seulement · 1 permission(s) dont 1 réelle(s) · anti-fonctionnalité : aucune
Toutes les fiches citées ont été ouvertes une par une sur F-Droid le 21 octobre 2026. Versions, dates, licences, permissions, architectures et noms d’éditeurs viennent de ces fiches, pas d’un communiqué.